Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /


Dès le générique du début, l'univers YSL habite l'écran avec le défilement de noms recréé à partir de dessins bien connus du couturier. J'ai adoré le clin d'oeil et je me suis tout de suite dit que, quand même, on était bien parti !

L'introduction du film, avec le discours d'adieux d'Yves St Laurent, plante le décor et impose dès les premières minutes une certaine solennité, qui s'avère de rigueur.

En fait, ce qui m'a vraiment frappé, c'est le rythme du docu et le positionnement du spectateur.

Tout au long du film, les silences arrivent quand on a besoin de réfléchir ou de se prendre dans la figure la beauté des clichés noir et blancs qui défilent sous nos yeux sans voix off.

La musique berce avec tendresse les images d'archives proprices à un recueillement quasi religieux.

Certains passages des entretiens sont particulièrement poignants, mais sans verser dans le crocodile larmoyant grotesque.

Plus généralement, l'originalité du documentaire, sa force et son intérêt réside dans le fait qu'il s'agit d'une introspection dans les souvenirs de Pierre Bergé. Ok. C'est un peu le pitch. Et en même temps, c'est aussi ce qui fait sa faiblesse et son côté un peu dérangeant. L'intimité, la subjectivité, l'amour et le chagrin, ce sont des choses qui me rendent parfois pudique. Et quelque part, plus qu'Yves Saint Laurent, j'ai l'impression que c'est Pierre Bergé qui est mis à nu. Et c'est déroutant puisque lui parle, commente les images d'archives. Il est vraiment là. Présent. Et nu. Au travers de son histoire avec Yves Saint Laurent certes.

C'est bizarre et complètement normal à la fois, cette espèce de nudité sentimentale complètement humaine dont il fait preuve alors que l'histoire est tellement romanesque : un amour homosexuel vécu au grand jour dans le monde de la Haute Couture, avec en toile de fond du commerce d'oeuvres d'art. Bref, leur couple est tellement mythique et cinématographique qu'il en avait peut-être presque perdu à nos yeux sa réalité et sa fraîcheur. L'absence de pudeur de Pierre Bergé déstabilise et ramène au strictement humain.

Je crois que c'est le parti-pris du documentaire et ça ne laisse pas indifférent.

Autre point, pendant le film, on se demande un peu quel doit être notre positionnement de spectateur.

Ami intime, psy, inspecteur du fisc', on ne sait pas trop quel est notre rôle à nous. On ne sait pas bien à qui s'adresse Pierre Bergé. On sent une certaine jouissance nostalgique à raconter ce passé magique, mais la tristesse amoureuse est bien présente, les aspects financiers aussi et tout ça met le spectateur dans une posture inconfortable.

Et en fait, j'ai bien aimé ça, qu'on me donne à réfléchir, qu'on me prenne pas pour une modasse qui plussoie et adule juste parce que le titre du film est assorti à son vernis duo french. J'ai bien aimé qu'on me laisse pas peinarde dans mon fauteuil strapontin en faux velours avec mon pop corn.


Alors forcément, un film qui flatte l'ego du spectateur tout en le déstabilisant et qui créé de la connivence intellectuelle avec lui tout en lui apprenant des choses, c'est forcément un film réussi ;)

Partager cette page

Repost 0
Published by

FR Womens 300x250

Recherche

pauline-blog-mode---PAULINEFASHIONBLOG.COM_.jpg  facebook-pencil256twitter-pencil256rss-pencil256

INSTAGRAM

INSTAGRAM

Follow me
=> @paulinefashionblog 

FANPAGE FACEBOOK

 

LIKE ME !

Derniers articles

DERNIERS ARTICLES :

abonnez vous

NEWSLETTER

sites partenaires

SPONSORS

Nouvelles Promotions - 300x250